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jeudi, 13-Jan-2011 9:18 AM

 

CENTRE LASALLIEN AFRICAIN

CELAF-INSTITUT - BP 359 CIDEX 03 ABIDJAN RIVIERA III - République de Côte d'Ivoire

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TEMOIGNAGE DES ETUDIANTS HAÏTIENS DU CELAF

 

 


« Quitte ton pays » constitue l’une des exigences de la vie religieuse. Elle s’impose à tous ceux qui s’engagent à la suite du Christ et se manifeste sous différentes formes : détachement, changement de communauté, partir en mission ou aux études dans une autre ville ou un autre pays. Quant à nous, nous expérimentons cette forme à travers notre présence en Côte d’Ivoire.
Nous présenterons donc notre intervention en trois temps : dans un premier temps, nous parlerons de notre intégration au CELAF, dans un second temps de la pastorale des vocations  dans notre pays d’origine à savoir Haïti et dans un troisième temps de la vie estudiantine dans ce même pays.

  • Notre intégration au CELAF

Au départ, notre intégration a été quelque peu difficile mais avec l’aide de nos confrères et ami(es) nous avons surmonté les difficultés. Et nous voilà au début de septembre, comme étudiant au  CELAF (Centre Lasallien Africain).

L’ambiance de famille qui y règne a été pour beaucoup dans notre intégration. En effet, l’Institut, en accueillant et en favorisant l’expression des diverses cultures qui le composent, contribue à  l’épanouissement de tous et de chacun. C’est un coin de « vivre-ensemble », de communion où chacun se sent membre de cette famille et partage librement ses expériences, ses recherches et sa culture…

Le  slogan dit bien sa vocation et sa mission: former des « Éducateurs chrétiens engagés pour une Afrique nouvelle ». En effet, les deux axes de la formation dispensée au CELAF à savoir la formation en sciences pédagogiques et en sciences religieuses visent à doter les étudiants d’outils pédagogiques et religieux devant leur permettre d’atteindre les finalités de l’institut. Tout est organisé avec soin. Les cours sont dispensés à temps. La relation entre étudiants et membres de l’administration d’une part, entre étudiants et professeurs d’autre part, est à féliciter et à poursuivre. En effet, l’étudiant (e) peut solliciter à tout moment un entretien avec les responsables et il sera toujours bien reçu.

  • La pastorale des vocations  en Haïti.
 
   

L’ambiance générale au CELAF,  les conditions dans lesquelles nous étudions, nous font penser à l’ambiance de la vie religieuse qui reste quand même très florissante en Haïti. En effet, c’est un pays où la religion occupe une place très importante. Et la foi inspire à beaucoup de jeunes le désir de cheminer à la suite du Christ. Pour les encadrer, les congrégations par le biais de l’Union des Responsables de Formation (URF) organisent à toutes les étapes de la formation (Éveil vocationnel, postulat, noviciat, juniorat, formation permanente des formateurs (trices) et supérieur(es)  de communauté) diverses rencontres intercongrégationnelles. À titre d’exemple, l’inter-noviciat qui s’est tenu, cette année, à Hinche (Centre du pays), a réuni 24 novices de  6 congrégations,  malgré les pertes en vies humaines et matérielles que leur a causées le séisme du 12 janvier 2010. Pour les garçons : Marianistes (6), FEC (4), Petits Frères Ste Thérèse (2) et pour les filles : Filles de Marie (5), Petites sœurs de Ste Thérèse (5), Sœurs de St François d’Assise (2). (Témoignage d’un maître de novices )

        La pastorale des vocations à la vie religieuse a connu beaucoup de succès grâce  au  dynamisme des jeunes qui se sont déjà engagés dans les communautés à une étape ou à une autre de la formation. Ils participent à l’animation  pastorale des groupes vocationnels dans les paroisses. Ils sont invités parfois à partager leurs expériences avec les autres jeunes qui pourraient, à leur tour, se donner au Christ.

  • Être étudiant en Haïti... après le séisme du 12 janvier 2010

Être étudiant en Haïti, relève d’un véritable parcours de combattant. Cela s’explique par les nombreuses calamités (ouragans, épidémies, séisme ...) et l’instabilité politique que le pays connaît depuis deux décennies. Au niveau primaire, secondaire et universitaire, l’État n’intervient qu’à une hauteur de 20% dans l’éducation formelle des enfants et des jeunes. Il faut louer et encourager la détermination des parents qui se sacrifient pour donner une éducation à leurs enfants, convaincus que c’est le seul héritage fiable qu’ils peuvent leur donner pour faire face aux multiples difficultés qu’ils peuvent rencontrer sur leur chemin. Avec l’effondrement de plus de 80% des collèges et lycées publics ou confessionnels (catholiques, protestants), éduquer en Haïti devient un défi presque insurmontable. Heureusement que les acteurs n’ont pas baissé les bras. Des grosses bâtisses en béton, on passe à la tente, au hangar, ou tout simplement sous l’arbre... L’homme s’adapte.

L’Université d’État d’Haïti qui regroupe différentes facultés (génie, droit, médecine, agriculture, lettres, technologies...) et les quelques universités privées de renom : Université Notre Dame d’Haïti (UNDH), Université QUISQUEYA, Université Lumière...) accueillant un peu plus de 20000 étudiants, ont vu chuter considérablement les effectifsaprès le séisme du 12 janvier. Il faut mentionner  aussi avec un pincement de cœur l’émigration des cerveaux du pays vers le Canada, les États Unis, la République Dominicaine et la Caraïbe où les conditions de vie sont nettement plus agréables. À cela, il faut ajouter les difficultés économiques, les conditions d’installation parfois très précaires pour certains, les coupures intempestives d’électricité, les difficultés de déplacement, les embouteillages, l’insécurité, etc.

Il faut saluer le courage de ces élèves et de ces étudiants qui ont repris le chemin de l’école ou des études après le séisme. Étudier sous une tente déjà encombrée où l’on loge à plusieurs, à la lueur d’une lampe à pétrole relève d’une détermination à rompre les nerfs. Comme  tous ceux qui étudient à l’extérieur du pays, ils croient en une Haïti nouvelle dont l’avenir passe par l’éducation, chemin d’un “demen miyò” (un lendemain meilleur).

Partir d’Haïti pour le scolasticat en  Côte-d’Ivoire loin d’être une fuite, constitue une occasion pour nous former humainement, intellectuellement et spirituellement pour pouvoir offrir à notre pays une éducation de qualité devant faire advenir cette Haïti nouvelle à laquelle aspirent tous ses fils. Ainsi, le CELAF représente pour nous ce cadre propice pour apprendre et nous former convenablement dans la foi. Cette opportunité nous aide à comprendre notre origine et à penser à un avenir meilleur. Les partages d’expérience nous permettent d’approfondir et d’intérioriser notre identité, notre culture et en même temps de les confronter aux valeurs des autres cultures.

Nous sommes fiers de cette famille universelle qui nous donne le goût d’étudier pour construire une Afrique et une Haïti nouvelles. Puisse le Très Haut lui accorder longue vie.

Fr John Charles, FEC

 


 

 

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