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| Thème de l'année 2010 - 2011 : « Educateurs chrétiens, témoignons de notre foi, pour une Afrique de paix et de justice » |
Messe de rentrée du vendredi 15 octobre 2010
Thème du second synode africain
L’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » Mt 5, 13-14.
Thème de l’année pastorale 2010-2011 de l’archidiocèse
« Approfondissons notre foi catholique, face aux exigences de notre baptême »
Notre slogan au CELAF : « Educateurs chrétiens, engagés pour une Afrique nouvelle… »
Tout cela trouve écho dans le thème d’année retenu par l’équipe de direction, après délibération autour des propositions des étudiants pour l’année académique 2010-2011. En voici la formulation : « Educateurs chrétiens, témoignons de notre foi, pour une Afrique de paix et de justice ».
Permettez-moi d’en faire une lecture personnelle. « Enseigner pour éduquer et éduquer pour évangéliser », tel est le refrain de l’éducateur chrétien. Mais ce serait une erreur de croire que l’éducation se limite aux lieux où l’on enseigne. Au-delà des institutions d’éducation formelle, des écoles comme des familles, les centres de santé, les centres paroissiaux, les associations de toutes sortes, les rues et différents espaces publiques, représentent des lieux potentiels d’éducation… L’éducation n’a cependant véritablement lieu que là où il y a la foi, la foi en la possibilité d’une vie nouvelle, d’un monde nouveau.
Cher ami étudiant, chère amie étudiante, tu serais à plaindre si tu es venu au CELAF rien que pour faire des études et décrocher, au bout, un diplôme… Des personnes diplômées, l’Afrique en a besoin sans doute mais elle a besoin avant tout d’hommes et de femmes de foi. Alors si tu n’es pas venu au CELAF pour approfondir ta foi afin de mieux la vivre, tu risques de passer à côté de l’essentiel. Les études au CELAF sont une opportunité à saisir pour approfondir sa foi… Baptisé, tu es appelé à être témoin d’une vie nouvelle. S’appelle témoin, la personne qui a bénéficié d’une expérience privilégiée dont elle est capable de faire part à autrui. Baptisé, quelle expérience as-tu donc du Christ ? Le connais-tu vraiment ? Si tu es effectivement chrétien, tu devrais pouvoir dire haut et fort, partout et toujours, « pour moi, vivre, c’est le Christ ». En Galates 2, 20, Paul ose écrire « ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi… ». Si ce n’est plus lui, Paul, qui vit mais le Christ qui vit en lui, c’est qu’il est devenu un autre homme : une vie nouvelle a commencé en lui, pour lui.
Telle est la situation du chrétien, en lui-même, il fait l’expérience d’une vie nouvelle. Le problème fondamental de notre vie chrétienne se résume alors à ceci : comment laisser Jésus Christ entrer et agir pleinement en moi ? Quelles dispositions, communautaires et individuelles, d’esprit et de cœur, adopter afin de permettre à l’Esprit du Christ d’agir en nous ? Il nous faut, pour devenir des témoins authentiques, accepter d’entrer dans un état de perpétuel enseignement par l’Esprit du Christ, de conversion permanente à Dieu.
L’Esprit Saint collabore avec notre esprit pour nous aider à bien nous pénétrer des vérités de notre foi et à les vivre. Si nous avons le devoir de connaître, dans sa richesse et sa pureté, le patrimoine de notre foi chrétienne, nous avons aussi l’obligation de savoir le présenter aux hommes et femmes de notre temps, de façon compréhensible et persuasive.(Paul VI,Evangelii Nuntiandi, 3) Mais le témoignage au moyen de la parole, à lui seul, n’est rien sans celui de la vie… Chrétiens, nous avons à bien nous préparer à témoigner de la vie en Christ en approfondissant notre foi par l’étude, la méditation et la prière.
Notre foi à nous, disciples du Christ, c’est donc qu’il y a en chacun de nous plus et mieux que lui-même. Il y a Jésus-Christ. En Jésus Christ, nous accueillons notre humanité, avec ses misères et ses péchés, comme un chemin vers Dieu, un lieu de rencontre avec Dieu. Ce chemin, ce lieu, c'est-à-dire notre humanité elle-même, il nous faut apprendre à l’approfondir aussi, à lui être présent… Témoins du Christ, il nous est donné de contempler, de vivre et de partager la passion de Dieu pour l’humanité. Dans son Fils, Dieu aime le monde. Témoin de cette passion divine, nous avons à la dire et à la vivre en Afrique comme partout. Telle est notre Bonne Nouvelle : Dieu nous aime.
« L’homme contemporain, disait le Pape Paul VI, écoute plus volontiers les témoins que les maîtres – ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins .»(Idem 41) Vivons-nous vraiment ce que nous croyons ? Croyons-nous vraiment ce que nous annonçons ? Alors, quelle solidarité, quelle communion, vivons-nous avec nos populations meurtries par la pauvreté, par les injustices, par les guerres ? Nos conduites, notre comportement au quotidien, sont-ils de bonnes nouvelles pour elles, pour l’Afrique, pour le monde ? … Nous avons à enseigner en témoins, par des exemples et non en maîtres, par des leçons de morale… Le témoignage de la foi interpelle et sollicite les libertés sans exercer de contrainte ni de pression sur elles. De façon générale, il correspond à une manière particulière d’éduquer. Témoigner, en ce sens, c’est non seulement instruire des vérités de la foi, mais également édifier, c’est-à-dire encourager à grandir, exhorter à croître dans la charité… La foi, puisqu’elle est foi en l’amour de Dieu fait chair, ne va pas sans la charité.
Le témoin parfait agit par pure obéissance, c’est-à-dire par pure docilité, à l’action de Dieu, avec pour seul but de faire la volonté de Dieu. Et la volonté de Dieu est que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité… Nous ne connaissons ni paix, ni justice, parce que nous ne connaissons pas véritablement Dieu. Dieu est le grand absent, parce que le grand inconnu, de ce monde. Témoigner de sa foi signifie alors « se faire rien », se laisser effacer par le Christ ; l’inviter à venir au monde, chez nous ; devenir chemin, vérité et vie en le laissant se dire en nous et par nous. Le témoin du Christ, à l’exemple de sainte Thérèse d’Avila, cette grande passionnée de Dieu, dont l’Eglise fait mémoire aujourd’hui, brise le cercle des croyances et des certitudes religieuses et fait surgir, encore et toujours, dans les esprits cette question émerveillée : « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi » ?
Merveille ! Dieu nous aime ! Son amour n’aura pas de fin…
Que Marie, notre Mère, cette sentinelle de la foi et de l’amour, obtienne de Dieu pour nous la grâce du courage d’avancer dans les eaux profondes de la foi durant cette année académique 2010-2011.
Bonne et heureuse année académique.
Fr Pierre OUATTARA
Directeur du CELAF Institut
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